08 outubro, 2008

Cuba - Une odyssée africaine

        Caso a crise econômica mundial tenha efeitos reduzidos sobre o desemprego, sobre a renda, o que é muito improvável, estas vulnerabilidades serão suficientes para deslocar o poder global para um quadro multipolar. Surgirão uma grande quantidade de conflitos, nem sempre solucionados pela via diplomática, principalmente porque os fóruns multilaterais de coordenação e regulação encontram-se extremamente enfraquecidos. Diversos movimentos regressivos, fascismos, nacionalismos e movimentos excludentes serão difundidos como solução para os graves problemas que surgirão. A alternativa para este impasse será a solidariedade internacional. Não vou me ater a explicações sobre esta análise, poderei me aprofundar em outras ocasiões, entretanto gostaria de aproveitar para sugerir o documentário de Jihan el-Thari, "Une Odyssé africaine" - 2006, sobre o papel desempenhado por Cuba nos movimentos de independência e luta anti-colonial em diversos países da África. A ida de "Che" para a África sempre despertou minha curiosidade....algo me diz que em breve terei este documentário....Segue análise publicada no blog "Changement  de société". Beijos e abraços. Maurício.


Sur Arte, « Une odyssée africaine », un autre regard sur Cuba et l’Afrique

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(documentaire  TV de Jihan el-Tahri, 120 mn - DVD de 190 mn chez Arte-Vidéo)

 Par MICHEL  PORCHERON

 Il fallait être une « talentueuse habituée des décryptages géopolitiques » (Marie Cailletet, Télérama, 29/09/207)  pour présenter  ce que furent les 25 ans et plus de présence active cubaine en Afrique (1965-1991).

Dans un documentaire inédit de 2 x 60 mn, la réalisatrice franco-égyptienne  Jihan el-Tahri (France, 2006) signe la première synthèse de « Cuba, une odyssée africaine » ainsi que l’appelle la chaîne de télévision Arte (co- productrice avec la BBC),  relatant et décryptant  avec  minutie et  justesse  le pourquoi et le comment  de l’aide de Cuba (450.000 hommes sur l’ensemble de la période) qui du Congo ( Ernesto Che Guevara y est en 1965) à l’Angola, en passant par l’ex-Guinée portugaise (aujourd’hui Bissau)  va « exporter son savoir-faire révolutionnaire » (Libération, Gérard Thomas, 3 octobre) au profit des mouvements de libération nationale.

Pour exposer l’histoire de cet engagement anticolonialiste cubain, présentée comme « peu connue » ou « méconnue », Jihan-el-Tahri donne la parole aux protagonistes de premier plan, à commencer par Fidel Castro, privilégie les témoignages et de tous bords, montre des images d’archives inédites, apporte des éclaircissements de type pédagogique, sans jamais tomber dans un lyrisme emphatique ou l’ode pompeuse ou l’ode tout court. Elle laisse parler les faits.  

C’est vraisemblablement cette retenue, ce retrait de la réalisatrice qui ne veut rien démontrer, mais montrer- en l’occurrence des  faits incontestables - la remarquable construction de ce travail qui sont à l’origine du choix de commentaires, comme «  remarquable documentaire » (Le Figaro) ou « film magistralement enquêté » (Télérama). Ignacio Ramonet, directeur du Monde diplomatique, considère ce document « important » et souligne que « pour la première fois sur une grande chaîne française on ne diffame pas Cuba, et - chose encore plus rare - on lui rend justice ». Pour le quotidien Sud Ouest (2 octobre)  il s’agit d’un « passionnant  documentaire».  

Non seulement Jihan-el-Tahri donne à Cuba rien de plus que sa place historique en Afrique, avec ses échecs et ses réussites, mais par là même livre au passage deux considérations capitales qui n’autoriseront plus - désormais- des simplifications de l’histoire ou des « oublis » répétés au profit de considérations boutiquières.  

Que dit, que « révèle » « L’odyssée africaine » cubaine ? Cuba ne fut pas en Afrique le mercenaire de Moscou, contrairement aux analyses qui ont prévalu et probablement jusqu’ici.

Marie Cailletet parle de « l’autonomisation progressive de Cuba, vis-à-vis du grand frère soviétique ». Pour le Monde, dans un papier froid, « Fidel Castro développe sa propre politique, prenant ses initiatives sans toujours consulter Moscou ». « Au cours de l’été 1975, Fidel Castro, au nez et à la barbe des deux super- puissances, sans même prévenir bien à l‘avance Moscou,  envoie 35.000 hommes en Angola, soutenir les troupes du MPLA », d’Agostinho Neto. (Le Nouvel Observateur). Les preuves sont apportées que l’intervention militaire cubaine massive en Angola, dont la toute jeune indépendance était plus que menacée par l’Afrique du Sud de l’Apartheid et les Etats Unis, fut une opération (appelée Carlotta et sujet d’un texte de Gabriel Garcia Marquez) souveraine et …désintéressée malgré la richesse en matières premières de l’ancienne colonie portugaise. Cuba ne demanda rien en contrepartie. 

On sait – ceux qui ne le savaient pas ou ne voulaient pas le savoir- désormais que La Havane mit- poliment- l’URSS de l’époque devant le fait accompli, après l’avoir informée, par télégramme spécial, du début de son initiative. Moscou ne télécommanda rien, elle dut prendre le train en marche. En traînant les pieds ? Probablement.    

D’autre part, sans l’aide, le soutien notamment de Cuba à l’African National Congress, à Samuel Nujoma, leader de la Swapo, que serait devenue l’Afrique australe, de l’Angola à la Namibie, en passant par l’Afrique du Sud ? Pour son premier voyage à l’étranger, en juillet 1991, Nelson Mandela, qui vient de passer 27 ans de détention dans les prisons de l’apartheid, choisit de se rendre à La Havane. « La chaleureuse accolade de Nelson Mandela à Fidel Castro entend rendre  hommage à l’engagement cubain trente ans durant aux côtés des mouvements de libération africains » (Télérama).et pour avoir  « contribué à abolir définitivement  l’apartheid » ( Le Figaro)

« Cuba semble la preuve vivante que David peut  battre Goliath, dit le commentaire  d’Alain Gomis..

En effet le soutien cubain ne fut pas seulement politique ou stratégique, il fut aussi matériel et militaire. Y ont perdu la vie 2000 Cubains. A qui il fut rendu à Cuba un hommage officiel et populaire, au lendemain du retrait officiel d’Afrique.

Le film de la réalisatrice franco-égyptienne doit aussi sa force au fait qu’elle « met en scène », à l’époque de « la guerre froide », une partie du continent africain, nouveau terrain de chasse de Washington et de Moscou, mais également  toujours convoitée par les anciennes puissances coloniales et prise en tenailles par des mouvements nationaux rivaux ou parce que naissants peu préparés et aguerris à l’action insurrectionnelle.   

 « Virtuose dans l’art de délier les langues des protagonistes de premier plan, la réalisatrice tisse autour de leurs témoignages  le récit des coulisses du compagnonnage afro-cubain. Savoureuses ou glaçantes de cynisme, les anecdotes qui émaillent son film éclairent d’un jour nouveau, moins simplificateur, l’histoire »(Télérama)

Il n’est pas inutile de rappeler, entre autres choses, que le leader nationaliste guinéen Amilcar Cabral (1924-1973) fut assassiné par la police portugaise, après avoir organisé la lutte armée contre  l’occupation portugaise  et que le Congolais Patrice Lumumba périt (1961) dans un attentat signé par la CIA, comme le dit lui-même Larry Devlin,  le chef d’antenne au Congo de la centrale américaine, qui ne cache pas avoir préparé l’assassinat.

Le Congo resta aux mains du sinistre Mobutu, l’allié de Washington.

La réalisatrice Jihan-el-Tahri

La très douée réalisatrice Jihan el-Tahri  a à son actif des « docs » à la fois clairs et profonds : La Maison des Saoud, Les Maux de la faim, L’Afrique en morceaux ou encore  Israël et les Arabes. Le film « L’Odyssée africaine » a déjà été couronné du prix de la meilleure réalisation  à Montréal et du meilleur projet au Sunny Side of the Doc.

C’est sa méthode de travail qui est son arme numéro 1.  Primo : une documentation sans faille. « Lorsqu’on croise les « décideurs », il faut venir avec l’artillerie lourde. Je ne suis pas prête à aller voir quelqu’un si je ne maîtrise pas le dossier ». Deuzio,  qui en découle : « Une interview n’est pas une rue à sans unique ». Tertio : recouper , confronter, coller aux faits, relativiser. « Je ne sais plus qui a dit que l’histoire était une fable racontée par le vainqueur. Alors, si l’autre avait vaincu, quelle serait l’histoire ?  ».

Dans un entretien avec la journaliste Marie Cailletet de Télérama, Jihan-el-Tahri ajoute qu’elle fut  notamment influencée par un professeur de l’université américaine du Caire, qui « en guise de viatique dé réflexion pour toute l’année, propose à ses étudiants une question : « Comment savez- vous que ce que vous savez est vrai ?».

Habituée des fronts multiples du Moyen-Orient , la guerre du Golfe la contraint à s’interroger sur le traitement du conflit  et  l’impératif de la dead line. Elle prend alors du recul.

Enfin, elle a rejoint bon nombre de journalistes qui ont découvert  en 1995, la fresque documentaire « Yougoslavie, suicide d’une nation européenne ». des Britanniques Norma Percy et Brian Lepping.

Grâce à son Odyssée africaine, elle a ouvert l’horizon,  des horizons. Mais rien n’est jamais gagné.  Son dernier travail, sur l’ANC, « Behind the rainbow »  n’a pas –jusqu’ici- de distributeur de France.          

On aurait aimé que devant des faits historiques, clairs et patents, les observateurs, analystes ou experts, sans oublier le lecteur dit lambda pour peu que sa simple curiosité le conduise aux informations disponibles, aient eu le réflexe attendu de prendre en compte une série d’évènements qui ont changé le destin d’une partie de la planète, au lieu de les évacuer en disant que ceux qui les relataient n’écrivaient qu’ « un conte de fées ». 

Ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui « L’odyssée africaine de Cuba » est un thème exemplaire de cette politique de mise au placard, généralement alors mise au point dans le confort d’un bureau capitonné où n’entrait que ce qui venait confirmer vos confortables a priori.

D’où, 50 ans plus tard, face à l’évidence – mais mieux vaut tard que jamais-  des phrases de présentation  comme « c’est un fait peu connu » ou « un pan méconnu » de la politique extérieure de Cuba, au moment d’évoquer l’odyssée cubaine en Afrique.  Il est à parier que les auteurs de ces termes appartiennent à la nouvelle génération. On se gardera bien de ne voir en eux que de nouveaux carabiniers d’Offenbach.

D’autant que les mauvais-coucheurs, les hargneux qui campent sur d’archaïques positions sévissent toujours. Drapés dans leurs certitudes, une fois pour toutes, ils défendent leurs boutiques, leurs officines, soignent leurs signatures, donc leurs fonds de commerce.

L’arrivée massive de l’Internet, les blogs planétaires, les chats ou autres forums, l’instantanéité des transmissions, s’ils ont nettement aujourd’hui modifié la donne, compliquent considérablement certes la tâche des nostalgiques de l’époque d’Anastasie (1), ne les empêchent pas de toujours pratiquer le tri sélectif.  Aux self-services des hyper-marchés de l’information, après tout, on fait son marché, ses courses, en fonction de ses besoins.
 

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